Le Green Brief : l’Allemagne mise au pas

Le Green Brief : l’Allemagne mise au pas

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Les ministres de l’Énergie de l’Union européenne se sont réunis mardi (26 juillet) à Bruxelles pour discuter de la sécurité énergétique du bloc, qui est compromise par les interruptions de l’approvisionnement en gaz en provenance de Russie.

La Commission européenne, dirigée par l’ancienne ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a présenté un plan pour faire des économies de gaz dans l’ensemble du bloc, mais ce plan a rapidement été interprété comme étant plutôt destiné à sauver l’industrie allemande.

Pour l’Allemagne, première économie d’Europe, une pénurie de gaz au cours de l’hiver prochain semble assurée.

Cependant, un autre facteur pèse sur les négociations concernant le gaz entre l’Allemagne et le reste de l’Union : les mauvaises décisions prises par Berlin dans le passé en matière de politique énergétique.

Il y a 14 ans, les Allemands réprimandaient les pays méditerranéens pendant la crise de l’euro. « À long terme, les citoyens ne peuvent pas vivre au-dessus de leurs moyens », avait alors déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. Aujourd’hui, les Allemands doivent compter sur les largesses de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal pour faire table rase du passé.

Au départ, il semblait que les pays méditerranéens, gardant en mémoire le souvenir d’années de mépris de la part de Berlin, allaient rejeter le plan des Allemands.

« Contrairement à d’autres pays, les Espagnols n’ont pas vécu au-dessus de leurs moyens d’un point de vue énergétique », a affirmé la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, sur un ton tranchant. Le Portugal a quant à lui fait savoir qu’il était « totalement contre » la proposition. Lundi, le PDG d’Italgas a pour sa part signalé qu’il n’était pas nécessaire d’appliquer les objectifs du plan en Italie.

Le plan proposé par Bruxelles et défendu par l’Allemagne n’a pas plu aux Grecs non plus, ces derniers craignant que le plan d’économies de gaz de Bruxelles ne les empêche d’utiliser le gaz dans la production d’électricité.

« La Grèce, comme plusieurs pays européens, est opposée à la proposition de la Commission d’une réduction obligatoire de 15 % de la consommation de gaz si l’approvisionnement en provenance de Russie venait à être interrompu », a déclaré Kostas Skrekas, le ministre grec de l’Environnement.

Au vu de ce contexte, c’est donc étonnant qu’un accord politique sur le plan d’économies de gaz ait pu être trouvé assez rapidement mardi, et avec un large consensus. En effet, le seul État à ne pas avoir voté en faveur de la proposition est la Hongrie.

« Avec le règlement sur les économies de gaz, les États qui ne se sont pas rendus dépendants de la Russie de [Vladimir] Poutine aident les États membres qui, pendant des années, ont aveuglément compté sur le gaz fossile bon marché. Parmi eux, on trouve l’Allemagne », a déclaré Sven Giegold, négociateur et fonctionnaire allemand, sur Twitter.

Alors pourquoi les pays méditerranéens ont-ils laissé les Allemands s’en tirer à bon compte dans cette affaire ?

Peut-être parce que l’Allemagne a réussi à sembler suffisamment prête à se repentir, avec un nouveau gouvernement aux commandes et du fait que l’ancien ministre des Finances Wolfgang Schäuble, très peu apprécié, et Mme Merkel, sont désormais absents de la scène politique.

En soutenant les Allemands, Mme von der Leyen a probablement contribué à prévenir les effets en chaîne. Évoquant l’interconnexion de l’UE au travers du marché unique, « une crise du gaz affecterait chaque État membre d’une manière ou d’une autre », a-t-elle déclaré lors d’un entretien lundi.

Le texte qui a été adopté comportait également de nombreuses dérogations pour beaucoup de pays. Il a également rendu plus difficile la mise en place d’une « urgence communautaire », qui rendrait obligatoire la réduction de la consommation de gaz dans de nombreux États membres de l’Union européenne en retirant à la Commission un pouvoir considérable sur ce type de décision au profit des États membres.

Il n’en reste pas moins qu’il a été étonnamment facile d’obtenir le feu vert des États membres de l’UE pour le plan d’économies de gaz, alors qu’ils n’avaient pas gravement échoué dans leurs politiques énergétiques respectives. Et les États que l’Allemagne a autrefois critiqués se sont montrés plutôt bienveillants aujourd’hui.

« [Voilà une] raison de plus pour laquelle nous avons maintenant le devoir envers nos voisins solidaires de corriger les erreurs du passé », a ajouté M. Giegold.

Si ce dernier a mentionné les énergies renouvelables, les Allemands pourraient prendre d’importantes mesures pour rendre la pareille à leurs voisins. Il a notamment laissé entendre une certaine volonté de maintenir les centrales nucléaires en activité dimanche dernier (24 juillet). Mais le projet Nord Stream 2, tant décrié et dont la certification a seulement été interrompue, pourrait également être mis sur la sellette.

– Nikolaus J. Kurmayer

L’Allemagne va renforcer ses objectifs de stockage de gaz et introduire des mesures d’économie, selon le ministre de l’Économie. L’Allemagne va renforcer ses objectifs de stockage de gaz et introduire des mesures d’économie de gaz, notamment en activant les réserves de lignite et en suspendant les exigences concernant la température des bâtiments, a déclaré le ministre de l’Économie Robert Habeck.

Robert Habeck s’en est également pris à la Russie, accusant le pays de faire du chantage à l’Europe et à l’Allemagne. Il a également prévenu que les flux du Nord Stream 1 pourraient chuter en dessous des 40 % de la capacité actuelle dans le cadre de la stratégie du président russe Vladimir Poutine.

(EURACTIV.com avec Reuters)

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L’UE affirme qu’une interruption complète des livraisons de gaz russe entraînerait une baisse du PIB. Une interruption totale des approvisionnements en gaz russe en Europe, combinée à un hiver froid, pourrait entraîner une baisse du produit intérieur brut (PIB) moyen de l’UE allant jusqu’à 1,5 % si les pays ne se préparent pas à l’avance. C’est ce qu’a déclaré la Commission européenne mercredi (20 juillet).

L’exécutif européen a proposé aux États membres de réduire volontairement leur consommation de gaz de 15 % jusqu’en mars afin de se préparer à d’éventuelles nouvelles coupures de gaz de la part de la Russie. Il a déclaré qu’une coupure totale par la Russie au cours d’un hiver normal pourrait réduire le PIB moyen de l’UE de près de 1 % si les pays ne se tiennent pas prêts.

(EURACTIV.com avec Reuters)

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L’UE assouplit les règles sur les aides d’État pour les énergies renouvelables et les programmes de décarbonation. La Commission européenne a assoupli mercredi (20 juillet) les règles relatives aux aides d’Etat pour les énergies renouvelables et les programmes de décarbonation afin de réduire la dépendance de l’Union européenne à l’énergie russe.

L’exécutif européen a déclaré que les gouvernements seraient également autorisés à accorder jusqu’à 500 000 euros d’aides d’État aux entreprises touchées par les sanctions contre la Russie, contre 400 000 euros auparavant. Les entreprises du secteur agricole peuvent également demander des aides d’État jusqu’à 62 000 euros et celles du secteur de la pêche jusqu’à 75 000 euros, au lieu d’un plafond précédent de 35 000 euros.

Les projets d’énergie renouvelable peuvent porter sur l’hydrogène renouvelable, le biogaz et le biométhane, le stockage et la chaleur renouvelable, a indiqué la Commission. Elle a déclaré que l’assouplissement des règles relatives aux aides d’État permettrait aux pays de l’UE de mettre en place de nouveaux systèmes basés sur des appels d’offres pour les projets de décarbonation ou de soutenir les projets directement sans appel d’offres.

(EURACTIV.com avec Reuters)

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Pas si vite, l’UE. L’Union européenne a la réputation d’être lente et de prendre des années pour préparer, proposer et adopter une législation. C’est souvent le cas des lois environnementales qui nécessitent des centaines de pages d’« évaluations d’impact » pour peser les avantages et les inconvénients. En vertu des principes pour une meilleure réglementation, la Commission est tenue de « légiférer de façon transparente et aussi efficace que possible », en s’appuyant sur des consultations destinées à recueillir l’avis des citoyens et des secteurs concernés.

Les organisations professionnelles se sont souvent plaintes que ce processus décisionnel était en décalage avec le rythme rapide des entreprises mondiales. Mais depuis l’arrivée d’Ursula von der Leyen à la tête de l’exécutif européen en 2019, elles se plaignent que la Commission va trop vite.

Selon l’organisation d’entreprises de l’UE BusinessEurope, la guerre en Ukraine a parfois été « utilisée comme une excuse par la Commission européenne » afin d’accélérer les analyses d’impact ou les consultations publiques.

La consultation organisée en amont du projet de la Commission d’éliminer progressivement les combustibles fossiles russes en est un exemple, a déclaré Markus J. Beyrer, directeur général de BusinessEurope. Il a ajouté que les consultations « devraient durer trois mois, et nous avons connu des cas où elles ont duré quatre semaines, y compris les deux semaines de Pâques ».

Cela signifie-t-il que Bruxelles aurait dû peser soigneusement le pour et le contre pendant que l’armée russe bombardait les civils ukrainiens ?

Non, a concédé M. Beryrer, ajoutant que « la gestion de crise de cette Commission comporte de bons éléments ». Il a toutefois mis en garde contre la diminution des consultations publiques et à confié aux journalistes lors d’une conférence de presse que cela réduisait la participation nécessaire pour aboutir à de bonnes propositions.

C’est compréhensible dans certaines situations, comme la crise de la COVID-19 et la guerre en Ukraine. Mais de manière générale, la Commission actuelle s’éloigne des principes pour une meilleure réglementation, a conclu M. Beyrer.

(Frédéric Simon | EURACTIV.com).

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Le président de la commission de l’Énergie salue le plan de l’UE pour économiser le gaz. Le président de la commission de l’Énergie (ITRE) du Parlement européen a salué le plan de la Commission visant à réduire la consommation de gaz, affirmant qu’il « comprend de nombreuses manières différentes pour que les États membres, les industries et les ménages puissent réduire leur consommation de gaz ».

« Nous encourageons tout le monde à faire sa part et à étudier toutes les options possibles pour augmenter l’efficacité énergétique à tous les niveaux de l’économie, réduire la consommation superflue et augmenter la part de la production nationale », a déclaré Cristian Buşoi, membre du Parti populaire européen (PPE), mercredi (20 juillet).

M. Buşoi a par ailleurs appelé à diversifier les approvisionnements et les voies d’approvisionnement tout en donnant la priorité aux énergies renouvelables et à faible teneur en carbone. Il a déclaré que chacun devait faire sa part, ajoutant : « Les citoyens européens comprennent qu’aider l’Ukraine implique également de faire preuve d’une résilience maximale face au défi énergétique que nous lance la Russie. »

La Commission européenne a présenté un nouvel outil législatif visant à réduire de 15 % la consommation de gaz en Europe jusqu’au printemps 2023. Il vise à garantir que les pays de l’UE sont préparés à des coupures d’approvisionnement et cherche à éviter un grave choc d’approvisionnement si la Russie interrompt toutes ses livraisons. Plus d’informations ici.

(Valentina Romano | EURACTIV.com)

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La liaison électrique entre la France et l’Espagne prend du retard. Les plans visant à doubler l’interconnexion électrique entre la France et l’Espagne ont subi un revers car un câble sous-marin envisagé a rencontré des difficultés techniques, a déclaré un responsable de l’UE le mois dernier.

Le projet de liaison électrique à travers le golfe de Gascogne s’est heurté à un canyon marin de quatre kilomètres de profondeur et a dû être rapproché des côtes, selon Catharina Sikow-Magny, directrice du département de l’Énergie de la Commission européenne.

Le projet fera passer la capacité d’interconnexion de 2 800 mégawatts (MW) à 5 000 MW. Il devait être achevé en 2025, mais Mme Sikow-Magny a indiqué qu’il était plus probable qu’il soit inauguré en 2026, alors que le site web du projet suggère « 2026-2027 ».

Il a été décidé de faire passer le câble sous la mer, les Pyrénées étant trop difficiles à traverser. « Il n’y a pas beaucoup de vallées, et les gens ne veulent pas voir de lignes aériennes [là-bas] », a expliqué Mme Sikow-Magny. Par ailleurs, l’enfouissement du câble aurait été trop coûteux.

L’interconnexion de 370 km a été désignée en 2013 comme un projet d’intérêt commun (PIC) par l’UE, avec une aide financière initiale de 3,25 millions d’euros. Des études complémentaires en 2016 ont réévalué l’aide maximale de l’UE à 6,25 millions d’euros.

Madrid se plaint depuis longtemps que la France freine les projets d’interconnexion, craignant que l’énergie renouvelable espagnole bon marché n’inonde son marché. Paris a semblé céder à la pression de l’UE lorsqu’elle a accepté de porter la capacité d’interconnexion entre les deux pays à 2 800 MW en décembre 2014.

(Frédéric Simon | EURACTIV.com)

6 SEPTEMBRE. Date limite de dépôt des amendements à la révision de la réserve de stabilité du marché (RSM) proposée dans le cadre du plan REPowerEU.

16 SEPTEMBRE. Réunion des ambassadeurs du climat.

26—30 SEPTEMBRE. Semaine européenne de l’énergie durable.

11—12 OCTOBRE. Réunion informelle des ministres de l’Énergie.

12 OCTOBRE. Élaboration de normes d’émission post-Euro 6/VI pour les voitures, les camionnettes, les camions et les bus.

20—21 OCTOBRE. Réunion informelle des ministres des Transports.

24 OCTOBRE. Conseil «  Environnement  ».

25 OCTOBRE. Conseil «  Énergie  ».

26 OCTOBRE. Paquet «  zéro pollution  » :

  • Gestion intégrée de l’eau — listes révisées des polluants des eaux de surface et des eaux souterraines.
  • Révision de la législation européenne sur la qualité de l’air ambiant
  • Révision de la directive sur le traitement des eaux résiduaires urbaines Révision du règlement sur la classification, l’étiquetage et l’emballage des produits chimiques

6—18 NOVEMBRE. Conférence sur le changement climatique de Sharm el-Sheikh (COP27).

30 NOVEMBRE. Paquet économie circulaire 2 :

  • Proposition de règlement relatif à la justification des allégations environnementales au moyen des méthodes d’empreinte environnementale de produit/organisation (allégations vertes)
  • Cadre politique pour les plastiques biosourcés, biodégradables et compostables
  • Révision de la directive sur les emballages et les déchets d’emballages pour renforcer les exigences essentielles en matière d’emballages et établir des mesures et des objectifs de prévention des déchets d’emballages au niveau de l’UE
  • Mesures visant à réduire la libération de microplastiques dans l’environnement
  • Consommation durable des biens — promouvoir la réparation et la réutilisation (le droit à la réparation)

30 NOVEMBRE. Paquet climat :

  • Certification de l’élimination du carbone ;
  • Révision des normes d’émission de CO2 pour les poids lourds.

5—6 DÉCEMBRE. Conseil « Énergie  ».

5—17 DÉCEMBRE. Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP15) à Montréal, Canada.

15—16 DÉCEMBRE. Conseil européen.

19 DÉCEMBRE. Conseil «  Transports, Télécommunications et Énergie  » (Énergie).

20 DÉCEMBRE. Conseil « Environnement »


* Le Green Brief prend des vacances! Pour continuer à suivre l’actualité, rendez-vous dans la section Énergie d’EURACTIV. Nous serons de retour le mercredi 31 août. D’ici là, nos journalistes énergie vous souhaitent de belles vacances.



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