Le Green Brief : l’enfer de la canicule européenne

Le Green Brief : l’enfer de la canicule européenne

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Les vagues de chaleur s’aggravent en Europe et battent des records à un rythme alarmant. Si de multiples facteurs sont à l’origine des phénomènes météorologiques extrêmes dont nous sommes témoins, il est de plus en plus difficile de dissocier ces événements extrêmes de l’évolution de notre climat.

En plus d’augmenter en intensité, les vagues de chaleur sont plus longues et se produisent plus tôt dans l’année confie a EURACTIV le Docteur Mariam Zachariah, chercheur associé au Grantham Institute for Climate Change.

Il déclare qu’il s’agit d’une tendance qui devrait se poursuivre.

Les vagues de chaleur qui s’abattent sur l’Europe montrent que le changement climatique est une problèmatique actuelle, non pour demain.

Elles dévoilent également  » l’impréparation tragique de l’UE  » face aux conséquences de décennies d’extraction massive de combustibles fossiles, pour reprendre les mots de Matthieu Auzanneau, directeur du think tank The Shift Project et interviewé par EURACTIV.

L’été dernier, l’Allemagne et la Belgique ont connu des inondations mortelles et la Grèce a été le théâtre d’incendies dévastateurs. Cet été déjà, plusieurs personnes sont mortes après l’effondrement d’une partie d’un glacier en Italie et des alertes incendies ont été lancées en France, en Espagne, en Italie, en Hongrie ainsi qu’en Norvège.

Après la catastrophe du glacier, le Premier ministre italien Mario Draghi n’a pas douté du fait que le changement climatique était responsable de ces décès. Il considère ainsi la catastrophe comme un symbole des dangers encourus.

Frans Timmermans, responsable du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), a déclaré que le changement climatique faisait des victimes «  presque tous les jours  ».

S’adressant au Parlement européen, le vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič, a salué la coopération des pays de l’Union européenne qui ont envoyé des pompiers en Grèce.

Mais les paroles et la solidarité ont leurs limites.

«  L’aide et la réponse aux situations d’urgence ne suffisent pas  », a déclaré M. Šefčovič. «  L’adaptation au changement climatique, la réduction des risques de catastrophe et la préparation à ces catastrophes sont essentielles.  »

Parallèlement à la réduction des émissions, l’UE doit également s’adapter aux conditions météorologiques extrêmes. Les forêts doivent devenir résistantes aux incendies, l’agriculture doit être adaptée pour devenir plus durable et plus résistante aux pénuries d’eau et aux inondations, les villes doivent être mieux conçues pour faire face à des vagues de chaleur plus fréquentes et à des phénomènes météorologiques anormaux.

Les sécheresses, comme celles observées en Italie, ont un impact sérieux sur l’agriculture, qui se répercute ensuite sur les consommateurs, a déclaré le législateur conservateur Herbert Dorfmann lors de la réunion avec M. Šefčovič.

L’Europe doit investir dans la recherche de systèmes qui font un usage efficace de l’eau, ainsi que dans la culture de plantes résistantes aux sécheresses, afin d’atténuer ces impacts, a-t-il poursuivi, faisant ainsi écho aux commentaires des députés italiens qui ont exprimé leur soutien au recours à des techniques de modification génétique dans l’agriculture afin d’obtenir des variétés de plantes plus résistantes.

Cette recherche et cette innovation pourraient être favorisées par la nouvelle loi sur la protection de la nature et la stratégie des sols, tandis que la Commission européenne aide déjà certains États membres à élaborer des plans de gestion de la sécheresse pour les rivières vulnérables, a indiqué M. Šefčovič.

Pour les villes, «  les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les inondations et les sécheresses resteront les impacts les plus prononcés du changement climatique  », aux côtés d’autres risques, comme les incendies de forêt et les maladies, indique un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), qui précise que «  la mise en œuvre des mesures d’adaptation n’en est encore qu’à ses débuts, avec un retard particulièrement important pris dans les petites villes  ».

Marcos Sempere, eurodéputé du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D), a expliqué que, dans l’Union européenne, des personnes vivent et travaillent dans des bâtiments qui ne sont pas adaptés à des changements climatiques aussi radicaux.

«  C’est pourquoi nous allons devoir recourir aux fonds de solidarité et faire en sorte que nos bâtiments, ainsi que les environnements urbains, soient plus résilients  », a-t-il déclaré.

L’étude de l’AEE souligne qu’il est urgent de modifier la planification et la construction des villes afin d’inclure des plaines inondables et des espaces verts offrant de l’ombre et un air plus frais.

Les maisons devront être mieux isolées afin de limiter le refroidissement en hiver et la surchauffe en été. En cas de catastrophe, le Centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC) de l’UE, qui s’appuie sur des données recueillies par satellite, jouera également un rôle essentiel.

L’Europe doit relever un défi de taille : s’adapter aux conditions météorologiques extrêmes qui l’attendent. Plus elle attendra, plus les effets seront désastreux.

La vague de chaleur de 2003, qui a coûté la vie à quelque 70  000 personnes en Europe, nous rappelle avec force que l’adaptation aux changements climatiques doit être prise au sérieux.

Il est temps de réaliser que l’heure est grave.

Pour citer l’eurodéputé italien Brando Benifei : «  Que devons-nous encore voir avant de changer notre système économique ? Les gens doivent se réveiller et ouvrir les yeux. Nous devons travailler ensemble sur cette question. Il n’y a pas de temps à perdre  ».

– Kira Taylor

Gaz et nucléaire : le projet de taxonomie européenne est officiellement approuvé. L’inclusion du gaz et de l’énergie nucléaire dans la taxonomie verte de l’Union européenne a été officiellement approuvée mardi (12 juillet) à la fin du délai accordé aux États membres pour rejeter la proposition. Aucune majorité n’a été trouvée au sein du Conseil des ministres de l’UE pour opposer son veto au projet, qui devait être soutenu par 20 États membres du bloc pour être rejeté.

La semaine dernière, le Parlement européen n’a pas trouvé de majorité pour opposer son veto à la proposition, qui a été officiellement présentée par la Commission européenne le 5 février dernier. Cette dernière est donc désormais officiellement adoptée.

(Frédéric Simon | EURACTIV.com)

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Trilogue sur le SEQE : un pas de fait, mais la route est encore longue. Les négociateurs du Parlement européen, des États membres de l’UE et de la Commission européenne se sont réunis à Bruxelles lundi (11 juillet) pour le premier tour des discussions tripartites sur la réforme du marché du carbone de l’UE, le système d’échange de quotas d’émission (SEQE).

La réunion visait principalement à définir les différentes positions avant les discussions futures, qui risquent de s’enliser davantage dans les détails et de voir apparaître des divisions entre le Parlement et les États membres.

Les points de désaccord sont bien connus et concernent principalement la question de la cadence de suppression des permis de polluer gratuits accordés à l’industrie, qui seront remplacés par le futur mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’UE.

Un autre point clé de discussion est le champ d’application du nouveau marché du carbone pour le transport et le chauffage que le Parlement veut voir appliqué uniquement aux entreprises, et non aux ménages privés.

Une vidéo partagée par le Parlement européen montre l’arrivée des négociateurs. Dans cette vidéo, on peut entendre le président de la commission de l’environnement (ENVI) du Parlement, Pascal Canfin, déclarer : «  Nous devons les aborder comme un paquet. Évidemment, nous devons nous mettre d’accord sur un calendrier qui nous permettra de faire avancer ces dossiers de manière plus ou moins cohérente.  »

On s’attend à de nombreuses autres réunions avant que la législation ne soit approuvée, mais tous espèrent que cela sera terminé d’ici décembre.

(Kira Taylor | EURACTIV.com)

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Des groupes de défense de l’environnement saluent le projet de loi du Parlement sur la déforestation. Les législateurs de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen ont voté mardi (12 juillet) sur une proposition clé visant à freiner la déforestation et la dégradation des forêts causées par la consommation de l’Union européenne.

Les groupes environnementaux saluent le projet du Parlement, estimant qu’il est plus ambitieux que l’accord du Conseil conclu le mois dernier. Selon eux, certaines lacunes ont été comblées, comme une meilleure définition des termes «  déforestation  » et «  dégradation des forêts  », l’augmentation du nombre de contrôles pour les entreprises ainsi qu’une meilleure protection des droits des populations autochtones et locales.

La commission ENVI a également voté en faveur de l’élargissement de la liste des produits de base auxquels la loi s’appliquerait, en ajoutant le caoutchouc, le maïs et davantage d’animaux d’élevage (porcs, moutons, chèvres et volailles) aux six produits de base proposés par la Commission (huile de palme, soja, café, cacao, bovins et bois). Ils ont également soutenu un élargissement des exigences de diligence raisonnable aux institutions financières européennes.

«  Le vote de la commission de l’environnement d’aujourd’hui envoie un message d’espoir : l’espoir d’une loi qui peut apporter un réel changement et l’espoir d’une moindre consommation de produits qui [engendrent de la] destruction de la nature et des violations des droits de l’homme  », a déclaré Anke Schulmeister-Oldenhove, responsable principale de la politique forestière du Fonds mondial pour la nature (WWF).

Le Parlement européen décidera de sa position finale lors d’un vote en plénière en septembre. Ensuite, des négociations tripartites entre la Commission européenne, le Parlement et le Conseil auront lieu pour finaliser la loi.

(Valentina Romano | EURACTIV.com)

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L’Italie obtient le feu vert de l’UE pour le programme Agri-PV de 1,2 milliard d’euros. La Commission européenne a approuvé un régime d’aide de 1,2 milliard d’euros en faveur de l’Italie dans le cadre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) afin de soutenir les investissements dans les panneaux photovoltaïques pour le secteur agricole.

Le programme s’appliquera jusqu’au 30 juin 2026 et vise à soutenir les entreprises agricoles, d’élevage et agro-industrielles au moyen de subventions directes couvrant jusqu’à 90 % des coûts d’investissement éligibles, qui sont soumis à des plafonds en fonction de la capacité de l’installation photovoltaïque.

«  Ce régime d’un montant de 1,2 milliard d’euros autorisé aujourd’hui contribuera à la réalisation des objectifs climatiques de l’Italie en encourageant les opérateurs du secteur agricole, tels que les agriculteurs et les entreprises de transformation, à utiliser des énergies renouvelables. La mesure contribuera non seulement à la réalisation des objectifs du pacte vert pour l’Europe, mais elle soutiendra également le développement économique des zones rurales en Italie, tout en limitant les éventuelles distorsions de concurrence »,  a expliqué la vice-présidente exécutive de l’exécutif européen Margrethe Vestager. Plus d’informations sur la décision de la Commission ici.

(Valentina Romano | EURACTIV.com)

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Pas de « paquet d’été » pour le gouvernement allemand. Le ministre allemand de l’Économie et du Climat, Robert Habeck, avait initialement prévu deux paquets pour relancer la décarbonation en Allemagne : un paquet de Pâques et un paquet d’été.

Il souhaitait soumettre le paquet d’été à l’adoption du Parlement en première lecture avant les vacances d’été afin qu’il entre en vigueur le plus rapidement possible. Mais cette idée a été abandonnée.

Alors que le paquet de Pâques a récemment reçu le feu vert du Parlement, le paquet d’été sera quant à lui fragmenté en plusieurs parties, la première devant être présentée mercredi (13 juillet). Alors que le gouvernement affirme que ce retard est dû à l’impact déjà considérable du paquet de Pâques, les observateurs l’attribuent à des luttes intestines au sein de la coalition gouvernementale tripartite du pays.

(Nikolaus J. Kurmayer | EURACTIV Allemagne)

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Des villes portugaises et suédoises à l’air le plus pur d’Europe. L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a mis à jour son système de visualisation des données sur la qualité de l’air dans les villes lundi (11 juillet). Il en ressort que les villes d’Umeå, en Suède, et de Faro et Funchal, au Portugal, affichent la meilleure qualité de l’air de ces deux dernières années en Europe.

L’observatoire de la qualité de l’air des villes de l’AEE inclut plus de 340 villes européennes, qui sont classées en fonction des niveaux moyens de particules (PM2,5). Sur la base des lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la qualité de l’air a été jugée «  bonne  » dans seulement 11 villes européennes en 2020-2021. Pour les 97 % restants des 343 villes européennes incluses dans l’étude, toutes dépassaient le niveau recommandé de PM2,5.

Cependant, la situation n’est pas si catastrophique. En effet, la valeur limite annuelle de l’UE pour les PM2,5 (25 µg/m3) n’a été dépassée que dans les trois villes les plus polluées d’Europe : Nowy Sacz en Pologne et Crémone et Padoue en Italie. Cela montre les différences de normes entre les directives de l’OMS et les exigences de l’UE.

L’AEE a également publié deux rapports sur les émissions de polluants atmosphériques. Ces rapports montrent qu’en 2020, un peu moins de la moitié des États membres de l’UE ont respecté leurs engagements nationaux en matière de réduction des émissions, le plus grand défi étant la réduction des émissions d’ammoniac provenant de l’agriculture.

Quatorze États membres n’ont pas respecté leurs engagements de réduction des émissions pour au moins un des cinq principaux polluants atmosphériques (oxydes d’azote, ccomposés organiques volatils non méthaniques, ammoniac, dioxyde de soufre et PM2,5). Lisez le rapport complet de l’AEE ici.

(Valentina Romano | EURACTIV.com)

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La Commission européenne approuve un projet néerlandais de stockage de gaz d’un montant de 400 millions d’euros. Un régime néerlandais de 406,4 millions d’euros visant à soutenir le remplissage de l’installation de stockage de gaz de Bergermeer a été approuvé mardi (12 juillet) par la Commission européenne.

Approuvé dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ce régime permettra aux Pays-Bas de veiller à ce que les installations de stockage de gaz existant sur leur territoire soient remplies à au moins 80 % de leur capacité d’ici au 1er novembre 2022, conformément aux obligations qui leur incombent en vertu du règlement sur le stockage du gaz récemment adopté.

L’exécutif européen a approuvé le régime après avoir estimé que la mesure était conforme aux règles de l’UE en matière d’aides d’État, qu’elle n’allait pas au-delà de ce qui était nécessaire pour répondre aux obligations des Pays-Bas en matière de stockage de gaz et qu’elle était temporaire.

(Valentina Romano | EURACTIV.com)

12—14 JUILLET. Réunion informelle des ministres de l’Environnement.

20 JUILLET. La Commission va présenter une loi sur la préparation à l’hiver.

26 JUILLET. Réunion extraordinaire du Conseil «  Énergie  ».

16 SEPTEMBRE. Réunion des ambassadeurs du climat.

26—30 SEPTEMBRE. Semaine européenne de l’énergie durable.

11—12 OCTOBRE. Réunion informelle des ministres de l’Énergie.

12 OCTOBRE. Élaboration de normes d’émission post-Euro 6/VI pour les voitures, les camionnettes, les camions et les bus.

20—21 OCTOBRE. Réunion informelle des ministres des Transports.

24 OCTOBRE. Conseil «  Environnement  ».

25 OCTOBRE. Conseil «  Énergie  ».

26 OCTOBRE. Paquet «  zéro pollution  » :

  • Gestion intégrée de l’eau — listes révisées des polluants des eaux de surface et des eaux souterraines.
  • Révision de la législation européenne sur la qualité de l’air ambiant
  • Révision de la directive sur le traitement des eaux résiduaires urbaines Révision du règlement sur la classification, l’étiquetage et l’emballage des produits chimiques

30 NOVEMBRE. Paquet économie circulaire 2 :

  • Proposition de règlement relatif à la justification des allégations environnementales au moyen des méthodes d’empreinte environnementale de produit/organisation (allégations vertes)
  • Cadre politique pour les plastiques biosourcés, biodégradables et compostables
  • Révision de la directive sur les emballages et les déchets d’emballages pour renforcer les exigences essentielles en matière d’emballages et établir des mesures et des objectifs de prévention des déchets d’emballages au niveau de l’UE
  • Mesures visant à réduire la libération de microplastiques dans l’environnement
  • Consommation durable des biens — promouvoir la réparation et la réutilisation (le droit à la réparation)

30 NOVEMBRE. Paquet climat :

  • Certification de l’élimination du carbone ;
  • Révision des normes d’émission de CO2 pour les poids lourds.

5—6 DÉCEMBRE. Conseil « Énergie  ».

15—16 DÉCEMBRE. Conseil européen.

19 DÉCEMBRE. Conseil «  Transports, Télécommunications et Énergie  » (Énergie).

20 DÉCEMBRE. Conseil « Environnement ».

[Édité par Paul Messad]



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